Vendredi 16 novembre 2007
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15:01
Il a mis du temps. Mais je savais qu'il viendrait.
Il a pris l'apparence d'un vieil homme aux longs cheveux gris. Ecrivain. Verrier. Comédien. Dramaturge. Un peu étrange au premier abord. Venu en classe dans le cadre de son dernier roman. « Pitié
pour le mal ».
Un grand monsieur, qui répond aux questions en regardant droit dans les yeux. Et dieu sait qu'il les a grands. D'immenses yeux, on se perd un peu dedans. On y lit des histoires, et des
sourires.
Il nous a raconté ceci.
Il se trouvait chez des amis. En compagnie de leur petit garçon de 5 ans.
-"Qu'est c'que tu voudrais faire plus tard ?"
-"Moi, je veux être pilote d'hélicoptère".
Tout le monde a souri. Bien entendu.
Il l'a revu, 20 ans après. Par hasard.
Lui a demandé ce qu'il faisait de sa vie.
PilOte d'hélico. Qu'il a répondu.
Il a conclu en disant qu'il fallait toujours tout faire pour réaliser ses rêves. Surtout ses rêves d'enfants. Mais avec rigueur. Surtout la rigueur.
Et bien moi, petite, je disais Je veux être professeur ou écrire des livres. Avant d'écrire des grOs livres, je vais déjà essayer d'écrire. Tout court. Et puisque il faut bien commencer quelque
part...
Je commence ici.
LOuitch. Je ne te promets rien.
Juste d'essayer.
Merci de laisser des coms. Même pour critiquer. C'est peut-être con, mais j'ai besoin de motivation.
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Par la b0ud3uz3
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Vendredi 16 novembre 2007
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17:25
Il
y avait des grands, des p'tits bouts. Certains en sale état. Mais tous avec le sourire.
En nous regardant du coin d'l'oeil. Curieux ou intimidés.
Tous venus jouer du tambour pour les deux Muzungu ("blancs").
Parce que là-bas, même chOcolat au lait comme maman, c'est blanc.
Et parce que c'est vrai, au fin fond des collines, on n'en voit pas tous les jours. Des Muzungu.
Ils ont pris leurs bâtons. Et ils ont joué, joué. Des sons qui font vibrer la terre. Et le coeur avec.
C'est à ce moment là que j'ai compris. Compris que je venais aussi un peu d'ici. Compris le sens du mot racine. Compris que là-bas. Ca sera toujours un peu chez moi.
Des sons qui résonnent dans la tête. L'a vide pour la remplir de rythmes. De sons que l'on oublie pas.
Et qui manque, parfois. Même deux ans après..
Et il. Il était là, à côté de moi, en souriant. J'avais envie de lui dire écoute, écoute bien.
Ecoute ces rythmes, regarde tes frères jOuer. S'il te plait, imprègne-tOi.
Mais il les connaissait par coeur. Les entendait tous les jours, depuis toujours.
J'voulais lui dire profite. On n'entend pas ça chez nOus.
Personne ne fait vibrer la terre là où je t'emmène.
J'voulais lui dire écoute les bien, une dernière fois avant longtemps, peut-être jamais. Je me suis tu.
J'ai cru qu'il ne comprendrai pas ces chOses là dans son coeur de petit garçon de 5 ans. J'ai cru.
Aujourd'hui, il a oublié les tambours. Oublié sa langue. Les collines. Et la terre rOuge du Burundi.
Mais il souri toujours.
Alors ça va.
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Par la b0ud3uz3
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Vendredi 16 novembre 2007
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17:40
Y a trop de regard plein d'amertume.
Trop de talents gâchés.
D'écrivains qui n'écrivent plus.
De peintres qui ne dessinent plus.
De photographes qui laissent leurs appareils au fond d'un tiroir.
Trop d'envies de voyages, de découvertes ou d'aventures coincées au fond des cerveaux.
D'âmes de clowns, de jongleurs ou de funambules, enfermées dans des bureaux.
Trop de gens qui se considèrent comme ratés.
Paraît que la vie les rattrape.
Paraît qu'c'est pas sérieux tout ça.
Qu'il faut être adulte. Et responsable.
Avoir un vrai travail. Et être convenable.
Paraît que ça ne remplit pas la marmite.
Qu'on se décourage. Que ça ne rapporte pas.
Qu'c'est pas c'que voulait maman et papa.
Alors on ne le fait pas.
Ou qu'on fait des enfants.
Et qu'il est trop tard. Déjà.
Pas de temps. Pas d'argent.
Alors on abandonne.On enfouit. Petit à petit.
On essaie d'oublier. Qu'on aime ça.
Qu'on aurait peut-être pu. Peut-être.
Et on rentre dans le train train de la vie.
Et le regard devient tout gris.
Et les pieds traînent. Sur le pavé. Déjà usé.
Le cœur pèse bientôt aussi lourd les regrets.
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Par la petite reveuze
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Vendredi 16 novembre 2007
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17:54
Chaque histoire a une fin !
J'aime quand tu poses tes mains sur moi.
Comme si c'était la première fois. Émerveillé.
Sentir tes doigts glisser le long de mon visage.
S'attarder autour de mes yeux. Sur mes lèvres. J'aimerai, à cet instant, me blottir tout entière. Juste là. Au creux de ta main.
Mais déjà, elle s'échappe. Et je la sens.
Couler le long de mon cou. Tout doucement.
Puis caresser mes seins. En épouser la forme de tes mains. Avant de descendre sur mon ventre. D'en faire le tour. Juste en l'effleurant lentement du bout de tes doigts. Magiques.
De la tête aux pieds. Chacune des plus petites parcelles de mon corps. Devient électrique.
Toi seul parvient à me faire ronronner.
Et tu croques. Tu dévores. Mon ventre tout entier.
Et je sens ta main s'égarer. Toujours plus loin.
Et moi. Entre tes mains, tes doigts.
Entre tes lèvres, ta langue, tes dents.
Je suis juste une petite fille. Qui n'a plus rien à redire. Juste à ronronner. De plaisir.
Et tu remontes enfin. Ton visage vers le miens.
Laissant une dernière fois tes doigts glisser. Partout sur leur passage. M'effleurer.
Viens m'embrasser de tes lèvres toutes douces.
Et j'sens ton p'tit corps tout contre le miens.
J'sens ta peau. A jamais.
Juste ton corps contre le miens. Dur.
Juste ton souffle dans mon cou. Ton odeur.
L'envie de toi. Qui monte. Qui monte.
La suite. Je ne la raconterai pas.
Cette histoire c'est mal fini, mais elle laisse des souvenirs gravés en moi ...
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Par la petite reveuze
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Vendredi 16 novembre 2007
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18:35
J'aimerai comprendre.
Ce qui fait que certains. Ont besoin de se torturer la tête.
Et d'autres pas ?
J'aimerai que l'on m'explique.
Pourquoi tout. Glisse sur certains.Et en érafle d'autres.
Pourquoi certains oublient. Ne veulent pas voir.
Pendant que d'autres s'écorchent les yeux.
Pourquoi certains survolent. Se contentent de futile.
Alors que d'autres se perdent dans les profondeurs du doute.
Jusqu'à être complètement dans le noir.
Pourquoi certains se tracent une ligne à suivre.
Et parviennent à ne pas dévier. Ne bifurquent jamais.
Alors que d'autres ont le besoin d'explorer chaque chemin.
Quitte à se perdre. A s'égarer.
Pourquoi certains ont besoin de se torturer.
La tête. Voir le corps parfois. De ne pas dormir. D'errer.
De sans cesse s'écorcher à des questions sans réponse.
Pendant que d'autres se satisfont.
De la vie. Des contingences. Et d'eux même.
Sans se préocuper du supplice des interrogations.
Pourquoi certains parviennent à ne voir que leur petit trou.
Ne pense qu'à se trouver un abris. Et a s'y fourrer.
Pendant que d'autres ont besoin de se cogner aux horizons.
Ont besoin d'aller voir de leurs yeux.
Ce que les autres zappent au journal télévisé.
Pourquoi certains poussent droit. Suivent le parcours.
Classique. Tracé. Conforme.
Pendant que d'autre pousse en liberté. Mauvaise herbe.
De travers. Pas toujours du bon côté.
Pourquoi certains ne parviennent pas à aimer.
Sans souffrir un peu. Voir énormément. Sans tout remettre en doute. Sans craindre l'autre. Et soi-même parfois.
En ayant tellement difficile à faire confiance.
Alors que d'autre ferment les yeux et se laissent guider.
Je crois qu'il y a des gens qui aiment avoir mal. Et qui n'y peuvent rien.
Et je crois que souvent, je suis de ces gens là. Il semblerait qu'on ne choisisse pas.
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Par la petite reveuze
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Vendredi 16 novembre 2007
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18:55
Gaetan. Il fait chanter son instrument.
Il le caresse, l'amadoue. Le fait crier et
crépiter du bout des doigts.
Gaetan il a besoin de sentir la peau claquer sous ses mains. Et moi j'aime ça.
J'aime quand il me regarde droit dans les yeux en jouant. Toujours en souriant.
Jusqu'aux oreilles.Et que ça me déconcentre.
J'aime quand il fait une pause et qu'il parle.
Il en a des choses à raconter. Tant et plus.
Des voyages. Des opinions. Des révoltes.
Des rêves et des projets.
Gaetan le monde est à lui. Il en a vu. Beaucoup. Et il apprend, toujours. Toujours un peu plus.
Il a besoin de bouger. Pour se sentir vivre.
De virevolter sans cesse. Et d'apprendre.
Encore et encore.
Jamais blasé de rien. Avec le regard qui s'allume. Qui s'émerveille. Et fait des étincelles. Comme un p'tit garçon.
Il fait danser des serpents imaginaires.
Du bout de sa clarinette.
Et des tribus entière d'Afrique.
De ses mains sur une peau tendue.
Il fait rêver les enfants. Leur ouvre grand les yeux. Avec ses sourires de clOwns.
Ses jongleries. Ses pitreries.
Et même les plus grands. Quand il fait danser le feu autour de lui. Et que les flammes le frolent.
Et Quand il monte haut. Si haut sur ses échasses. Pour se rapprocher un peu du ciel.
Gaetan il a le monde au bout des doigts. Et mille rOutes sous ses pieds. Et j'aime l'écouter jouer. Encore et encore. Du djembe.
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Par la petite reveuze
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Vendredi 16 novembre 2007
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20:11
Parfois. Je
voudrais lacher la vie. La laisser là.
Au bord du chemin. Je voudrais juste pouvoir pleurer. Pouvoir respirer. Ou m'étouffer. Ou hurler.
J'sais pas.
Juste la laisser la.
Ne plus être obligée de sourire. Ne plus être obligée d'étudier des choses dont je me contre fous. Ne plus être obliger d'écouter ces gens. Qui me raconte leur vie. Qui me raconte le soleil et la
pluie. Et dont je me fous.
Ne plus être obliger de m'entasser dans ce train. Ne plus être obliger de marcher droit. De pousser tout droit.
J'voudrais juste la laisser là.
Lui dire que putain.
Elle ne m'intéresse pas. Non la vie, aujourd'hui. Avance sans moi. Oublie moi un peu. Moi je reste là. Coincée.
Et je ne bouge plus.
Je crois que la vie est une putain de têtue.
Une connasse qui s'accroche à vous même quand vous voudriez qu'elle vous lâche les baskes. Qui finit toujours par revenir. Et vous obliger à reprendre le train en marche.
Que vous le vouliez où non. Il faut la suivre.
Y a juste pas de bouton pause. Y a juste pas de break.
Qu'on soit fatigué ou pas. Qu'on veuille lui dire d'aller se faire foutre. Qu'on veuille rester coincé. Un instant. Non.
Elle revient toujours.
Et vous la reprenez sans même vous en rendre compte. On ouvre les yeux que déjà. Elle nous a rattrapé depuis bien longtemps. Elle met des chemins sous vos pieds.
Qu'il n'y a qu'à suivre.
Et des gouffres sur les côtés. Bien profond. Où aller s'étaler. Quand on a tout foiré.
Mais même dans ces moments. Elle se démerde pour venir vous rechercher. Je crois que c'est comme ça.
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Par la petite reveuze
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